

![]() Metal extrême décadent The guilty ones : El Worm : chant lead, guitares Alexis Damien : batterie, choeurs Romain Yacono : basse, choeurs Tim Zecevic : claviers, orchestration, choeurs Frédéric Patte-Brasseur : guitares, chœurs Tracklist : 1) Leçon de Français 2) Bum Fight 3) Ecce Homo 4) TEGBM (fantaisie galante du Grand Siècle) 5) Daguerreotype 6) Miroir de Chair 7) Comptine 8) Vieux Pédophile 9) Dark Mummy Cat 10) Ω = Ø 11) Love at Last Les chanceux qui se procureront la version import auront droit aux suppléments suivants: 12) Veni Sancte Spiritus 13) Femme Chrétienne (aka Christian Woman - Type O Negative cover) 14) La Décadanse (Serge Gainsbourg cover) Label: Code666 Records |
| WORMFOOD « France » 2005 - 9/10 Site Internet - - | Partager |
Alléchée par l’autoproduit "Jeux d’Enfants" entendu pour la première fois l’an passé, j’attendais la sortie de "France" avec impatience. Depuis leur formation en 2001, les rouennais de Wormfood ont parcouru pas mal de chemin, notamment grâce à la récente signature avec le label italien Code 666 (Ephel Duath, Manes, Negura Bunget…). Leur contrat en poche, le groupe retrouve Axel Wursthorn (Carnival in Coal) au Walnut Groove studio et se met au travail : "Jeux d’Enfants" est réenregistré, agrémenté de nouvelles chansons, réarrangé, et remixé. Cela donne "France", un ovni musical sorti le 18/11/2005 avec un tout nouveau visuel.
L’artwork décalé de Sect Metastazis (responsable des visuels glauquissimes d’Antaeus, Anorexia Nervosa etc.) nous met tout de suite au parfum : un Arc de Triomphe tout gris, tout sale, survolé par des corbeaux… Les bâches et les échafaudages sur la façade de Notre Dame, les sous-sols crasseux du métro… Eh oui c’est aussi ça Paris !
On continue de glisser dans l’univers du « premier dépresseur français » avec la "Leçon de français", où l’on entend les obscènes divagations d’un clodo qui crache sa vinasse sur le trottoir…. Cette intro passée, "Bum Fight" surgit et la tempête se lève ! On assiste à une déferlante de riffs agressifs et de chant haineux. A peine le temps de se remettre que nous voilà transportés dans la cruelle arène d’ "Ecce Homo", l’intro de "TEGBM". Wormfood nous livre alors un black metal hargneux mêlé de théâtralité à la Misanthrope dans cette chanson à l’ambiance libertine du XVIIème siècle, clavecins et vers de Molière à l’appui.
Tableau suivant : une scène baroque et tordue à la Tim Burton, "Daguerréotype", attire notre regard vers une baraque de foire où est exposé un monstre hideux… Le "Miroir de Chair" se met lourdement en marche et nous narre la souffrance d’une sorte d’elephant man, exhibé avec indécence par un cruel forain.
L’aigrelette "Comptine" chantonnée par François Corbier nous emmène vers l’univers horrible et dérangeant du "Vieux Pédophile". On repart alors vers un déluge sonore, mêlant thrash, black metal, et des parties parlées grinçantes à souhait suintant l’angoisse et l’horreur abordée par ce thème de la pédophilie. On se croirait dans un conte de fée qui finit mal, comme si c’était la sorcière qui gagnait à la fin d’Hansel et Gretel en mangeant les enfants au lieu de brûler dans son propre four…
"Dark Mummy Cat" nous plonge alors dans une atmosphère égyptienne, qui dérive vers la description méticuleuse de la technique de conservation des corps, tout cela mis en avant par un dark metal rampant. "Ω = Ø" (death equal nothing) nous montre avec desespérance la peur de la mort et du pourrissement des chairs, et "Love at last" clôture le disque, nous laissant comme un amer goût de bile dans la bouche avec la sensation d’avoir été vidé de tout notre sang….
A n’en pas douter, Wormfood est un de ces groupes qui fait croire à la fameuse « exception culturelle française » du metal, avec Carnival In Coal et S. U. P. Leur musique mêle de subtiles influences à la Type O Negative, avec les facettes les plus « digestes » du black metal et du thrash. Le groupe ne ménage en rien son auditeur et le brinquebale de baraque foraine en théâtre cruel. Tous les sons des intermèdes nous renvoient à des images de films ou nous évoquent des livres. Le chant s’adapte aux ambiances, tantôt agressif, hurlé, hargneux, et tantôt clair, plaintif, et triste. Les passages parlés évoquent la froideur scientifique du médecin légiste ou du thanatopracteur. Les orchestrations et les arrangements sont raffinés et méticuleux. Bref, Wormfood nous fait voyager dans l'univers grotesque et cauchemardesque deson cabinet de curiosités, et le pire c’est qu’on en redemande !
Chronique de Izma mise en ligne 11 Déc. 2005 à 21:18:44 -.-


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